Le nombre de Directions des Systèmes d’Information (DSI) faisant recours aux services de prestataires extérieurs ne cesse d’augmenter selon une étude réalisée en janvier 2017 par le cabinet Hays. Ce sont des consultants qui viennent travailler avec leurs équipes internes. Ces données témoignent de l’intérêt que portent les entreprises pour le freelance informatique. Le savoir-faire, la diversité et la qualité des prestations de ces entreprises leur ont permis de se hisser parmi les indépendants auxquels les entreprises ont le plus recours. Coup d’œil sur un mode de vie qui séduit de plus en plus de professionnels.

L’objet de cet article est le travail indépendant ou freelance, en particulier dans le secteur de l’informatique.

Nous expliquerons d’abord ce qu’est un freelance informatique avant d’aborder son but et ses objectifs, puis nous discuterons des avantages et des inconvénients de ce mode de travail en plein essor.

Un point des différents régimes juridiques en vigueur (entreprise à responsabilité limitée, entreprise individuelle, autoentreprise, etc.) sera ensuite fait, et pour finir, nous aborderons les bonnes pratiques que doivent adopter tous ceux qui se lancent en freelance.

Qu’est-ce qu’un freelance informatique ?

Le freelance informatique se distingue du salariat d’une part de par son statut administratif (c’est un travailleur), et d’autre part de par les rapports qu’il entretient avec sa clientèle. Le freelance ne fait en effet l’objet d’aucun lien de subordination contrairement au cas du salarié avec son employeur.

En termes plus simples, n’est travailleur indépendant que celui qui a la liberté d’organiser son emploi du temps comme il le souhaite. Le freelance ne court aucun risque de se faire sanctionner par un quelconque employeur.

Le freelance informatique offre généralement ses services à des entreprises. Il a donc la possibilité d’être l’informaticien d’une petite structure, le consultant apportant son savoir-faire à une entreprise, ou servir de renfort sur un projet informatique ponctuel.

Les missions d’un freelance informatique englobent plusieurs domaines notamment : web, sécurité réseau, développement, bases de données, intelligence artificielle, intégration logicielle, etc.

De façon spécifique, cela consiste le plus souvent à :

  • Auditer le système d’information de l’entreprise ;
  • Donner des conseils pour résoudre les problèmes soulevés ;
  • Mettre en place une solution, ou mettre à jour l’application préexistante ;
  • Former les équipes appelées à utiliser cette solution ;
  • Effectuer la migration de données sensibles vers un espace de stockage sécurisé.

Les domaines de compétences du freelance varient donc entre ceux d’un consultant, d’un ingénieur, d’un codeur, d’un formateur, d’un développeur ou d’un administrateur

Freelance informatique : avantages et inconvénients

Avantages

Près de 90% des freelances offrant leurs services dans les entreprises (et 97% des développeurs) ont librement choisi d’être indépendants. Et si la plupart ne découvrent le freelance que par hasard au travers d’une opportunité, ils font le choix de le conserver comme mode de vie.

La première raison qui justifie l’éloignement du statut de salarié des freelances est l’autonomie :

  • La liberté de définir leurs horaires ;
  • La liberté de choisir la charge de travail qui leur convient ;
  • La possibilité de collaborer à distance ;
  • Et la liberté de ne travailler que sur les missions de leur choix.

Cette autonomie offre entre autres la possibilité d’acquérir d’autres compétences extra, notamment :

  • La gestion du temps ;
  • L’auto-branding ;
  • La maîtrise du budget.

Les freelances optent donc pour ce statut essentiellement à cause de la qualité de vie et de l’expérience singulière qu’il offre.

D’autre part, certains freelances avancent l’argument de la rémunération, qui dans certains secteurs peut être nettement supérieur à celle des salariés.

Le travailleur indépendant choisit en effet librement son taux journalier moyen, ce qui avec la compétitivité hors prix peut lui permettre de faire jouer la concurrence en sa faveur.

Enfin, le travail indépendant offre une grande flexibilité aux entrepreneurs qui peuvent le combiner au salariat ou aux aides gouvernementales afin d’asseoir leurs entreprises avec le moins de risques possible.

Certains aspects comme l’absence de congés payés ainsi que les aspects administratifs peuvent cependant en dissuader certains.

Les inconvénients

Comme toute entreprise, le travail indépendant est sujet à des risques, notamment les défauts de paiement, ou les difficultés à se trouver une clientèle. Cette situation effraie beaucoup de salariés qui n’osent pas se lancer dans cette aventure.

Ce risque varie tout de même selon le secteur d’évolution de l’entreprise. Le domaine de l’informatique est donc moins exposé au risque de baisses d’activité que les autres.

En ce qui concerne les défauts de paiement, il est recommandé de prendre préalablement conseil chez un spécialiste du droit afin de mieux vous défendre en cas de litige.

Certains freelances avancent également le problème de la charge de travail.

Certains se retrouvent donc dans l’obligation d’augmenter leurs volumes horaires, se privant ainsi de tout repos en raison de la pression sociale et financière.

On retrouve notamment ces cas dans les domaines de la restauration et de l’hôtellerie, ce qui est rarement chez les freelances informatiques.

Les indépendants informatiques ont en effet bien moins de charges financières, de paperasses et de coûts d’investissement. Ils ne sont donc pas autant tiraillés par le chiffre d’affaires que les autres.

Plusieurs d’entre eux, surtout ceux évoluant dans des secteurs avec une offre inférieure à la demande peuvent donc se permettre de moins travailler, tout en étant mieux rémunérés que les salariés.

Pour clore cette partie sur les avantages et inconvénients, on pourrait également parler du mode de vie lui-même. Outre ceux travaillant avec des entreprises pendant des périodes restreintes, certains ont peur de l’isolement et de l’absence de locaux qui vont de pair avec l’indépendance.

Cet aspect est souvent sujet à subjectivité : certains préféreront la liberté et la tranquillité qu’offrent la vie d’indépendant.

Les différents régimes d’entreprises individuelles

Être freelance n’étant pas un statut social, tout travailleur indépendant devra donc choisir un statut d’entreprise individuel, c’est-à-dire le statut de société.

Les entreprises individuelles (EI)

Ce sont les plus nombreuses. Leur particularité réside dans le fait qu’elles appartiennent à un seul individu ne disposant pas de personnalité morale. Les dettes professionnelles sont alors également imputables aux biens propres de l’intéressé.

Cela veut dire que les biens privés de l’intéressé pourront servir à rembourser les éventuelles dettes naissant de son activité professionnelle.

Toutefois, ces entreprises préférant les investissements peu couteux, il est rare qu’on en vienne à ce cas de figure.

En ce qui concerne les impôts, ils peuvent être appliqués en fonction des régimes, sur l’entreprise, sur le revenu individuel, ou sur le chiffre d’affaires.

L’autoentreprise

Contrairement à ce que pensent beaucoup de personne, l’autoentreprise n’est en réalité pas un statut en tant que tel. Il ne s’agit que d’un travailleur freelance avec une entreprise individuelle qui fonctionne sous le régime de la microentreprise.

Le régime de la microentreprise a été créé en 2008 dans le cadre de la loi de modernisation de l’économie. Il avait pour objectif d’inciter à l’entrepreneuriat en allégeant les charges fiscales et administratives.

L’autoentrepreneur peut donc facilement créer le statut de son entreprise en ligne, avec pour seule contrainte la déclaration de ses dépenses et de ses revenus à l’URSAFF.

En échange de cette simplification des procédures, son chiffre d’affaires annuel est plafonné, et il est soumis à de nombreuses contraintes (il ne peut avoir d’employé, accumuler du capital) dans le seul but de limiter son expansion.

Certains parlent plutôt de self-employment que d’entreprises à proprement parler, c’est-à-dire des personnes qui offrent leurs savoir-faire ou leur force de travail contre rémunération.

L’entreprise individuelle à responsabilité limitée

Ceux dont les activités présentent des risques de pertes ont la possibilité de choisir un statut offrant plus de sécurité à leur patrimoine personnel. Cela consiste donc à déclarer le patrimoine affecté à l’entreprise, qui sera le seul sur lequel les dettes de l’entreprise seront imputables.

Tout autoentrepreneur peut passer au régime de l’EIRL. Cela ne sert cependant pas à grand-chose, les risques pour le patrimoine personnel de l’autoentrepreneur étant généralement faibles, et cela pourrait être une source inutile de charges administratives.

Si vous entrevoyez une expansion de votre entreprise individuelle, il pourrait donc être utile de vous déclarer sous le régime de l’EIRL, mais pas nécessairement en tant que microentreprise.

Les entreprises unipersonnelles

Les entreprises unipersonnelles sont plus proches des entreprises classiques que les entreprises individuelles, en ce sens qu’elles ont une personne morale. Bien que leur création et leur gestion soient généralement plus difficiles, elles possèdent certains avantages surtout si vous envisagez une croissance.

L’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée

Elle présente en apparence des points communs avec l’EIRL. Comme dans le cas de l’EIRL, l’associé principal fait l’objet d’une imposition sur le revenu, et réduit au maximum les risques sur le patrimoine personnel.

Toutefois, elle présente quelques points de dissemblances. Elle offre aux entreprises la possibilité de répondre à des appels d’offres nécessitant une personnalité morale, ce qui n’est pas le cas de l’entreprise individuelle. L’entreprise a également plus d’alternatives pour évoluer vers une entreprise de type collective.

Société par actions simplifiée unipersonnelle

 Ce type d’entreprises fait l’objet de charges plus lourdes que l’EURL. Toutefois, elle offre une meilleure protection en cas de dépôt de bilan, avec un régime social plus couteux et plus avantageux, et n’impose pas un plafond aux dividendes.

Quel régime choisir pour le freelance informatique ?

Bien évidemment, nous n’en avons fait que de très brefs résumés, mais qui permettent de se faire une idée des différences entre les différentes formes juridiques.

Il n’y a pas à proprement parler un statut qui soit meilleur que l’autre pour le freelance informatique, tout sera donc fonction de l’activité et des perspectives sur le long terme.

Notez juste que les principaux critères pour choisir sont :

  • Les contraintes administratives et fiscales ;
  • Les perspectives de croissance ;
  • Le degré de protection du patrimoine propre.

Et en ce qui concerne le portage salarial ?

Le portage salarial est une solution qui se distingue quelque peu des autres. Il met en relation une société de portage, un prestataire et un client. Le prestataire offre donc ses services de manière indépendante aux clients. La société de portage qui l’emploie lui fournit un cadre pour la réalisation de ses missions. Elle récupère les rémunérations et lui remet une part de celles-ci.

Le portage salarial offre au freelance informatique la liberté à laquelle il tient tant, tout en lui assurant la sécurité liée au statut de salarié et un accompagnement personnalisé par la société de portage.

Un freelance maximise donc ses chances de trouver des missions grâce à un accompagnement adapté, des formations de recherches de mission ou des ateliers sur comment se vendre. Ce qui constitue un très bon point de départ.

Le plus grand inconvénient de cette solution réside dans les frais de gestion ainsi qu’un chiffre d’affaires final réduit par les charges qui sont plus importantes.

Trouver ses premières missions de freelance en informatique

La plupart de ceux qui deviennent freelances informatiques sont très compétents dans leur domaine, mais ont quelques difficultés avec la partie commerciale. Il est vrai que le prospect peut quelquefois ressembler à un métier à part entière.

Toutefois, s’il est fait avec sérieux et abnégation, le prospect peut offrir de très bons résultats sur le long terme. Et il n’est pas rare d’entendre des témoignages de freelances pour qui il n’est plus nécessaire de prospecter, tant ils se sont déjà bâti une excellente réputation dans le milieu.

Et dans le secteur de l’informatique où les entreprises manquent cruellement d’experts, on peut facilement rencontrer des indépendants qui n’ont jamais eu besoin de prospecter en tant que tel.

Le réseau

Le réseau est un terme qui effraie plus d’un. Beaucoup pensent qu’il s’agit de se vendre des journées durant dans des conférences ou des forums professionnels. Tous les freelances sont pourtant d’accord sur ce point : il n’y a rien de mieux que le bouche-à-oreille.

Et pour quelle raison ? Parce qu’un recruteur en quête de prestataire cherche plus une personne de confiance qu’un génie de l’informatique.

La première chose qu’il fera sera donc de consulter son entourage. Il pourra alors avoir un premier avis sur les compétences de la personne.

Mais que faire quand on ne dispose pas d’un réseau ?

Avant toute chose, sachez que tout le monde dispose d’un réseau. Le souci, c’est qu’on le définit de façon trop restreinte. Trouver des missions de freelance informatique revient donc à connaitre des personnes déjà présentes sur le marché avec une bonne réputation dans le domaine de l’informatique.

C’est pourtant dans les autres domaines comme l’industrie, le commerce, la culture, etc. qu’il est plus difficile pour les recruteurs de trouver des talents. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils n’en ont pas besoin !

Mettez donc en place un bon réseau social et non professionnel, ce domaine étant moins concurrentiel. Vous y trouverez un grand nombre de personnes enclines à vous recommander.

Discutez de vos activités professionnelles avec vos amis, vos proches, les personnes que vous rencontrez en soirée ou lors d’évènements, partagez des cartes de visite, etc. Bref plutôt qu’essayer de bâtir un réseau à partir de zéro, usez des relations que vous possédez déjà.

La présence en ligne

La présence en ligne est très importante pour le freelance informatique.

Plus qu’une simple vitrine, le site web est devenu un gage de qualité pour les développeurs ou les consultants SEO. Cela peut certes augmenter drastiquement la charge de travail et vous mettre la pression ! Mais, il s’agit également d’un puissant outil qui vous permettra de gagner plus facilement la confiance de vos prospects, et donc de convaincre plus de personnes au-delà de votre réseau.

Tout travailleur informatique devrait disposer d’un réseau social professionnel comme LinkedIn ou Viadeo. C’est entre autres le cas de tous les travailleurs indépendants qui travaillent dans des domaines liés à technologie et au numérique.

Ces réseaux offrent aux potentiels clients la possibilité de confirmer votre savoir-faire et d’entrer en contact avec vous par messagerie personnalisée.

La prospection

La recherche active a toujours été une méthode très efficace pour dénicher des missions. Qu’il s’agisse d’envois de CV à des recruteurs, de participation à des salons professionnels, ou même des inscriptions sur des plateformes dédiées à la recherche de missions comme TousFreelance.

Aller directement à la rencontre des clients porte toujours ses fruits. Vous devez tout de même savoir vous vendre et rédiger des offres de service convaincantes. Les services proposés doivent donc être bien définis et cadrés. Assurez-vous que les informations sur les conditions d’exécution et de réussite de la mission figurent dans la proposition de services.

Allouez une plage horaire quotidienne à la recherche de clients afin de ne pas vous laisser submerger par la charge de travail.

De plus, même lorsque vos activités marchent très bien, n’abandonnez pas pour autant la prospection. Dans le cas où un gros client vous abandonnerait, vous aurez ainsi un grand nombre de contacts à solliciter.

Fidéliser sa clientèle

Il n’existe meilleur moyen d’exercer son activité dans de bonnes conditions.

Professionnalisme et engagement

Le meilleur moyen de fidéliser sa clientèle réside dans l’attitude. En effet, écouter ses clients et prendre en compte leurs problèmes témoignent de l’intérêt qu’on porte à leurs entreprises.

Au début, vous devrez en faire un plus que ce pour quoi vous êtes payés. En tant que freelance informatique, vous avez tout intérêt à faire recours à ce que les Britanniques appellent « the extra mile ». Il s’agira d’un petit plus qui vous démarquera sans pour autant augmenter nécessairement votre charge de travail. Vous prouverez ainsi votre attachement au travail bien fait et cultivez de la reconnaissance chez vos clients.

Enfin, vous pouvez aller au-delà du cadre de votre mission afin d’apporter une plus-value humaine (et pas seulement technique) à l’entreprise.

Savoir refuser

La fidélisation de la clientèle passe également par l’acceptation ou non des missions. Il est préférable de refuser une mission qu’on ne sera pas en mesure d’assurer en raison du temps ou des moyens. Vous éviterez ainsi de décevoir vos clients par la mauvaise qualité du travail.

Cela témoigne du professionnalisme du Freelance Tech qui pourra séduire le client et l’amènera à vous recontacter prochainement. Dans le même temps, accepter et prendre le temps d’effectuer la mission d’un client en situation d’urgence rendra celui-ci grandement reconnaissant envers vous.